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Aranc : cité médiévale

Aranc Marc MichelotSeptembre 2014

10 hectares d'espaces naturels condamnés pour la création d'un parc de loisirs...

La Communauté de Communes du Plateau d'Hauteville a présenté un projet de création de « cité médiévale » sur la commune d'Aranc. Il s'agit de la création d'un parc de loisirs qui aura pour objet la construction d'un village de type médiéval avec des techniques dites du Moyen-Age sur le site de Montcornelles. Ce village, qui n'a jamais existé, est censé mettre en valeur les savoir-faire locaux (charpentiers, tailleurs de pierre, maçons...) et a pour objectif d'attirer, selon le maître d'ouvrage, 85 000 visiteurs par an (entre mars et novembre). Ce projet, estimé à 2 000 000 d'euros, est financé en majeure partie par l'Etat, la Région et le Département.

Le chantier est prévu sur une surface d'une dizaine d'hectares.

L'agriculteur qui y faisait paître ses vaches a été exproprié.

L'Autorité Environnementale (AE), qui s'est prononcée sur la nécessaire mise en compatibilité du Plan Local d'Urbanisme (PLU) de la commune a souligné les lacunes du projet en ce qui concerne ses impacts sur la ressource en eau et sur les milieux naturels.

Concernant l'eau, l'AE a pointé le caractère incomplet du dossier qui ne permet pas de conclure à la faisabilité de l'alimentation du site en eau potable. La pérennité du système d'assainissement n'a pas été démontrée non plus selon l'AE. Enfin la gestion des eaux pluviales qui seront nécessairement contaminées par la circulation des véhicules n'a pas été spécifiée par le maître d'ouvrage, ce qui est également source d'inquiétude pour l'AE.

Le rapport de l'Autorité Environnementale pointe aussi les insuffisances des études naturalistes qui ne permettent pas d'identifier précisément les espèces présentes sur ce site naturel. Ce point inquiète particulièrement la FRAPNA qui a connaissance de nombreuses espèces protégées dont les habitats s'apprêtent à être détruits par le chantier.

Le dossier présenté par la Communauté de Communes est insuffisant car il ne permet pas de déterminer avec précision les impacts que le chantier aura nécessairement sur les dizaines d'espèces protégées présentes à Montcornelles.

La FRAPNA, qui a déjà manifesté son opposition à ce projet en Commission Départementale de Consommation des Espaces Agricoles (CDCEA), va désormais contacter directement la Communauté de Communes du Plateau d'Hauteville afin de l'informer de la position adoptée par le Conseil d'Administration de l'association ainsi que de ses intentions.